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SILVA Arbres, Forêts et Sociétés |
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Conférences
Moringa oleifera : un atout possible contre la malnutrition en Afrique de l’ouest ? « Arbre du
paradis », « Arbre miracle », les qualificatifs ne manquent pas
pour ce petit arbre originaire de l’Inde et que l’on rencontre couramment dans
les jardins de case ou en haies-vives dans les villages des savanes africaines.
Fréquemment utilisé par les populations rurales et urbaines pour ses propriétés
médicinales, nutritionnelles, fourragères, floculantes, voire oléifères, c’est
l’exemple même de l’arbre à multi-usages qui a connu une forte expansion dans
toute la zone intertropicale et qui suscite de nombreux espoirs. .
![]() © Moringanews Récemment la perspective de son utilisation dans le cadre de la lutte contre la malnutrition et plus généralement comme complément alimentaire à destination d’une clientèle urbaine, de plus en plus demandeuse, a suscité un regain d’intérêt pour sa culture dans la sous région. Produit naturel à fort potentiel économique, il pourrait représenter pour les pays de la sous région une perspective intéressante de développement rural. Mais sa production reste soumise à certaines contraintes agroécologiques qui limite les zones de cultures. Les conditions familiales (jardins de case, jardins maraîchers) sont particulièrement appropriées au développement de sa culture. Avec l’appui souhaité des Collectivités territoriales, de nombreuses associations locales de solidarité internationales pourraient accompagner dans la durée la diffusion de cet « arbre légume » et de son usage pour contribuer à la lutte contre la malnutrition rurale et urbaine. René BILLAZ Président d’Agronomes et Vétérinaires Sans Frontières Mélanie BROIN Représentante de l’association Moringanews Stéphane PERSON Chargé de mission de l'association SILVA en savoir plus sur le site d'Agropolis Museum
Quand les agriculteurs recréent la forêt : le cas des Nkunku du Bas-Congo. par Régis Peltier (Chercheur en Agroforesterie au Cirad, département Environnement et Sociétés, UR Ressources Forestières et Politiques, membre de l’association SILVA) Résumé : Dans
différentes parties du monde, les agriculteurs créent ce
que l’on appelle des agroforêts. Ces espaces qui ont
l’apparence de forêts naturelles primaires ou secondaires
sont très différents des systèmes de culture ou
agroforestiers classiques qui au mieux associent quelques
espèces entre elles : ils regroupent un grand nombre de
composants (arbres, plantules, arbustes, lianes, herbacées) et
d’espèces, « mimant » d’une certaine
manière les écosystèmes forestiers naturels. Leur
mise en place est souvent très ancienne et repose sur
l’utilisation de pratiques et savoirs traditionnels.
Le
sud-ouest de la République Démocratique du Congo fut
jadis couvert par des savanes arbustives entrecoupées par des
îlots de forêt dense. De nos jours, en raison des
interventions d’origine anthropique, on constate que des savanes
herbeuses remplacent peu à peu les savanes arbustives, pendant
que des jachères très dégradées remplacent
les forêts. A la différence des forêts naturelles,
les Nkunku sont un type de forêt artificiel, résultat de
l’intervention séculaire des populations habitant les
Districts des Cataractes et de la Lukaya.
Quand le changement s’invite à déjeuner… Incidence des modifications du mode de vie des peuples forestiers sur leur régime alimentaire et leur santé. par Edmond Dounias (Ethnoécologue à l’IRD) Résumé :Bien-être sanitaire et sécurité alimentaire sont indissociables du cadre de vie des populations du Sud. Ils constituent à l'évidence un préalable indispensable au développement, et figurent naturellement en tête des revendications des peuples les plus démunis, au premier rang desquels figurent les derniers groupes de chasseurs-cueilleurs forestiers. Ces sociétés continuent pourtant de payer les conséquences d’une vision romantique tenace en Occident : sagesse écologique, harmonie et relations avec un environnement prodiguant gîte, nourriture et soins. La réalité est rarement aussi idyllique. D'abord, ces sociétés vivent dans des zones de haute diversité biologique qui, malheureusement, concerne également les pathogènes et leurs vecteurs. Ensuite, l'état de dégradation des forêts et la pression exercée par les institutions politiques et les opérateurs économiques ont conduit nombre de ces populations au bord de la route et aux portes d’une modernité aguichante qui n’ouvrent souvent que sur la marginalisation et la pauvreté. La plupart des dernières sociétés de chasseurs-cueilleurs vivent aujourd’hui dans des conditions transitoires de sédentarisation. Les ressources dispensées par le milieu naturel constituent encore une part importante de leur économie, mais les savoirs relatifs aux produits de la forêt s'érodent et l’alimentation de base est dorénavant assurée par des plantes amylacées vivrières. L’argent et les biens matériels coûteux mais fragiles, font leur apparition dans les habitations délabrées bien avant les livres scolaires, les traitements anti-paludéens ou la carte d’identité. En nous appuyant sur notre expérience chez diverses sociétés pygmées du Cameroun ainsi que chez les Punan de Bornéo et les Kubu de Sumatra, nous présenterons comment ces multiples changements — écologiques, sociaux, économiques, politiques — se répercutent sur le régime alimentaire et la santé de ces sociétés en transition.
par Jean Michel Yangakola (Enseignant chercheur à l'université de Bangui et Coordinateur national du Riat Centrafrique)
Résumé : Les forêts du bassin du Congo représentent
actuellement le second massif tropical
après le bassin amazonien. Si la surface forestière de Centrafrique ne
représente que 8 % de la surface nationale, la forêt tient malgré tout une
place importante dans la société centrafricaine, tant au niveau de l’économie
nationale que plus localement dans la vie quotidienne des populations
centrafricaines riveraines ou non de la forêt ; c’est particulièrement le
cas pour les espèces à usage alimentaire ou médicinal. Au delà de la
présentation de diversité de ces espèces, on insistera sur l’importance, soit
de par leur place dans l’alimentation ou la santé, ou encore du potentiel
économique qu’elles représentent, de quelques espèces emblématiques, telle que
le koko, le gbin, ou le makongo
(chenille),.. L’accent sera mis sur les perspectives de gestion de cette
ressource et des intérêts et limites de sa valorisation.
organisée en collaboration avec l'association Impression d'Afrique © SILVA, Arbres Forêts et Sociétés, 2009 c/o CIRAD TA 212/15 - 73, av. Jean François Breton - 34398 Montpellier Cedex 5, France Tél./Fax : 04 67 61 44 80 - silva2@wanadoo.fr |